Je crois que j’avais déjà utilisé ce titre dans un article. J’aime bien, et ça veut pas forcément dire grand chose dans la tête des gens. Je ne suis plus chez moi, je vous raconte tout.

2 ans

Même un peu plus. Ça fait 2 ans que je n’ai pas posé quelques lignes sur un blog. Quand je vous ai quitté, j’hébergeais ce blog (enfin presque) chez moi, sur un Raspberry avec Yunohost. Tout se passait à peu près bien, si ce n’est ma connexion aléatoire. J’habitais et j’habite toujours à la campagne. Depuis que j’ai quitté le centre ville, il est inenvisageable pour nous de se priver d’un bout de terrain, quitte à ne pas avoir la fibre. Du coup l’auto-hébergement, malgré le goût de liberté, a une saveur de lenteur indéniable.

Bref, j’ai dû m’absenter un peu précipitamment de la maison pour le boulot. Bien entendu, je n’ai pas dérogé à la LEM.

La LEM, c’est pas la Loi de Manu, c’est la Loi des Emmerdes Maximum, c’est un peu ma règle à moi qui dit qu’un malheur n’arrive jamais seul. Je suis parti pour plusieurs semaines, et mon Raspberry, plutôt sage d’habitude en a profité pour s’arrêter.

Flash de merde

On peut dire le bien qu’on veut d’un Raspberry, que ça consomme rien, que ça prend pas de place etc, faut avouer que sa mémoire, une pauvre carte SD, c’est pas hyper fiable.

Pourtant j’ai fait le truc bien : J’ai soudé un bouton dessus, histoire de pouvoir, à la manière d’un ordinateur, pouvoir l’éteindre sans avoir à le débrancher sauvagement. Si vous m’aviez suivi, vous savez que seul le boot est dessus, le reste étant sur un disque dur externe en USB. Je suis comme ça, j’essaye de faire les choses bien, mais y’a toujours un moment où ça merde.

Du coup j’appelle (j’emmerde) ma femme qui, restée à la maison, s’occupe de débrancher et rebrancher le petit truc rose et blanc, et je prie les Saints Protocoles.
Je comprends, impuissant car loin, que mon site n’est pas prêt de redémarrer.

La centralisation par la décentralisation

Si ça faisait quelques temps que les libristes me faisaient de l’œil, il ne m’a fallu qu’une fraction de seconde pour comprendre mon erreur. Ben ouais : A vouloir tout décentraliser, à virer mes comptes Gmail, DropBox etc, à m’auto-héberger, avoir mon serveur de messagerie, etc etc, je n’ai pas vu venir comment j’allais droit dans le mur.

Je récapitule : J’ai un nextcloud, mon blog, mes mails sur une machine qui ne veut pas redémarrer. A vouloir tout décentraliser, rapatrier mes comptes de partout, j’ai tout centralisé sur une machine qui repose sur une pauvre carte SD, moins fiable qu’une clé USB, qui m’a déjà joué des tours. Tu la vois venir l’embrouille ?

La LEM

Je le disais plus haut : J’ai connu en quelques semaines une avalanche d’emmerdes qui, en temps normal sont gérables, mais quand plusieurs pays vous séparent, deviennent assez critiques.

Je vous passe le reste : Sur quelques jours, ma femme m’appellera successivement pour m’annoncer que la batterie de la C4 a rendu l’âme, à coup de :

Ça fait clic clic clic

les femmes

Puis viendra le tour de la machine à laver qui inonde la maison. Il n’aura fallu que le temps de racheter une machine pour s’apercevoir que ce n’était qu’un soucis de tuyau d’évacuation, mais quand y’a 2 gamins et que ta femme est toute seule chez toi, tu fais pas forcément les meilleurs choix.

Ajoutez à cela un décès dans la famille proche, une tumeur suspectée cancéreuse (pas la même personne of course), et me voilà fin prêt. Elle est loin ma petite bataille pour le Libre…

La relativité

Si quelques jours auparavant je mettais un point d’honneur à vouloir contribuer au Libre, il apparaissait qu’à ce moment précis, il existait un autre combat à mener.

On peut penser ce qu’on veut, se dire que notre vie virtuelle elle roxxe du paté, que ce que tu fais est important, quand la réalité te rappelle à l’ordre, tu tombes de haut.
Je ne suis pas un no-life bien sûr, je pourrais même faire partie du club des bons pères de famille de Cyrille Borne j’suis sûr. Mais j’avais était tenu loin des problèmes réels trop longtemps, dans une petite vie où tout allait bien.
On a peut-être alors tendance à s’impliquer de trop dans une autre vie …

J’ai donc tout laissé tomber, de toute façon je n’y pouvais plus rien, pensant tout de même pouvoir récupérer l’essentiel de mes infos grâce au disque dur externe branché sur le Pi.

Bien sûr que non…

Merci les GAFAM

Une fois rentré chez moi et les problèmes passés, je me dis qu’il est temps de remettre mon blog et le reste à flot, et de récupérer ce qui est possible.

Je prends mon DD (les sauvegardes du Pi), et je le monte sur le PC. Et là le drame : Rien. Enfin, si, un dossier et un fichier, “Lost+found”, et un punaise de fichier ISO, “buda_vfs.iso”.

Ce fichier de plus de 1Go, après recherche, s’avère être un fichier créé par la Freebox révolution, qui sert à se repérer dans le disque, savoir quelle vidéo a été lue etc.
J’ai tout perdu, et l’erreur vient de chez moi.

Il est l’heure d’annoncer tout ça à ma femme, celle que je faisais chier quelques mois avant pour utiliser le Nextcloud de la maison, là, maintenant, il faut lui dire que les photos des gamins et du mariage sont perdues, parce que j’ai merdé.

Il s’avérera que malgré mes relances, elle ne stockait pas exclusivement sur notre Cloud. Non, ma femme est intelligente et sait que je ne le suis pas 🙂
Il ne me reste que ça, parce qu’elle a été plus prévoyante que moi…

Facebook et consorts n’effacent jamais nos données, et c’est tant mieux pour moi.

Demain c’est loin

Depuis le temps, j’ai fait table rase. Chat échaudé craint l’eau froide, aussi j’ai tout arrêté. Des blogs que je suivais, des sites que je lisais, j’ai quasi tout arrêté, à mi chemin entre le ragequit et le shamequit (ça existe pas, c’est cadeau). Énervé oui, mais honteux aussi…
Chez moi c’est loin, il est loin le temps ou mes données étaient à coté de ma télé. Ce blog est hébergé sur un mutualisé, d’ailleurs à force de repousser j’ai perdu le nom de domaine, raison de la disparition du tiret dans l’URL, j’écris depuis Linux bien sûr, mais une grosse partie de mon activité étant perdue, j’avoue remettre les gants avec difficulté.

A coté j’ai repris le temps de m’occuper de mes autres passions, la mécanique, le bricolage, l’impression 3D (peut-être que j’en parlerai si j’ai quelque chose d’intéressant à dire), et je joue sur le web, autre chose que j’avais arrêté mais qui permet de s’aérer l’esprit.

Aujourd’hui j’essaye de récupérer une partie des articles qui ont été transmis à gauche à droite, l’air de rien j’écris pas que de la merde, j’écris surtout parce que ça me sert à moi de temps à autre.

Le thème, les images, les articles etc je les retrouve par ci par là, un coup sur une archive de 2016, tantôt sur Wayback Machine, ou sur Planet-Libre. Même les sauvegarde étaient centralisées. Faut-il être con…

Demain c’est loin, je ne sais pas encore comment je me servirai de ce blog, si je mettrai des liens quelque part comme j’ai pu le faire autrefois, s’il comportera des billets techniques, …

J’ai testé quelques distros il y a peu, sûr que j’ai envie de râler, j’aimerai vous parler des CMS que j’ai trifouillé et qui sont nuls à souhait, mais après ça…

La bise à ceux que j’ai côtoyé, si jamais un jour vous (re)tombez ici.